Parc Liberté : une inauguration conviviale avec les habitants du quartier

Parc Liberté : une inauguration conviviale avec les habitants du quartier

Le 4 octobre, le maire et le Conseil municipal ont inauguré le parc Liberté en présence du député de Maisons-Alfort. Les habitants du quartier sont venus nombreux pour partager cet événement festif autour de diverses animations proposées par le Centre Socioculturel Liberté avec le concours de plusieurs associations du quartier. Pendant que les enfants se faisaient maquiller au stand du CSC Liberté, et qu’un violoncelliste animait la soirée, d’autres en ont profité pour immortaliser ce moment grâce à la photobox installée spécialement pour cette soirée.

« Moins de béton, plus de gazon »

Tel était l’objectif de cette rénovation d’ampleur. Pour rappel, après six mois de travaux, le parvis et l’avenue de la Liberté ont entièrement été réaménagés, le béton laissant la place à plus de 4 000 m² d’espaces paysagers. Des espaces détente, des cheminements en bois et des jeux d’eau composent désormais ce nouveau parc à destination des familles maisonnaises et habitants du quartier. Les matériaux ont été choisis avec soin, afin non seulement, de conserver une unité esthétique mais également pour limiter l’effet d’îlot de chaleur souvent présent dans les villes.

Une partie de l’avenue de la Liberté en sens unique

Un travail spécifique a également été réalisé sur l’éclairage, désormais moins énergivore. L’organisation du stationnement a entièrement été revue et se fait en épis le long de l’avenue de la Liberté, tout en conservant le même nombre de places qu’avant (133). Cette transformation s’est accompagnée d’une mise en sens unique d’une partie de l’avenue dans le sens Créteil vers Maisons-Alfort, entre l’accès rue de Liège et le nouveau giratoire installé.

Le stand maquillage proposé par le CSC Liberté a rencontré beaucoup de succès auprès des plus jeunes.
Le stand maquillage proposé par le CSC Liberté a rencontré beaucoup de succès auprès des plus jeunes.
Les jeunes slameurs en compagnie du violoncelliste Mauro lors de l'inauguration du parc Liberté.
Les jeunes slameurs en compagnie du violoncelliste Mauro lors de l'inauguration du parc Liberté.

De jeunes slameurs en herbe

L’inauguration du parc Liberté a également révélé de jeunes artistes aux yeux du public maisonnais. Ces jeunes Maisonnais, scolarisés dans les écoles élémentaires de la ville, ont écrit puis déclamé des slams, ces poèmes des temps modernes sur des sujets d’actualité divers, comme l’écologie, la propreté ou encore le civisme devant un public conquis.

Extraits de « J’ai entendu »

J’ai entendu hier un chien dire à son maître
S’il-te-plaît ramasse mes déchets
tu sais où il faut les mettre
le maître est resté étonné…
Depuis quand un chien sait ce qu’il faut faire !
On peut vivre ensemble si chacun respecte l’autre
Cet espace est pour tout le monde le jour ou la nuit
Si et seulement si on respecte notre quartier
Comment je le sais ?
Depuis que tout a changé, et si on essayait
J’ai entendu un chien dire à un copain
S’il-te-plaît reste sympa avec moi
L’enfant, étonné, avec le chien joua
Et ils ont marché sur le chemin
Medjahed et Omrane

Extraits de « Un jour »

Mais moi je veux grandir en LIBERTE ;
Profiter de mes copains et m’amuser ;
Me sentir ; content en sécurité ;
C’est à vous les grands de faire attention à nous ;
Et pas l’inverse, ça ? ça serait un truc de fou
Un jour quand je serais grand je pourrais dire la tête en l’air
J’ai grandis à Liberté et j’en suis fier
J’ai grandis à Liberté et j’en suis fier
Un jour quand je serais grand je pourrais dire la tête en l’air
C’est ma rue je l’aime elle est belle
Malgré les problèmes et les gens qui savent pas utiliser les poubelles
Nifi Mouayed (12 ans) et Mohammed Konate

Extraits de « Il m’a dit »

Le bâtiment m’a dit, je vais m’acheter un manteau en gazon
Comme ça les habitants vont retrouver la raison
La rue m’a dit je vais m’acheter un collier en lumière
Comme ça tout le monde sera fier
Le parking m’a dit je vais maigrir un peu
Pour que nos poumons soient heureux
Mais c’est ton quartier alors soit responsable
Venez, on fait tous attention, on en est capable
On entend dans six mois ça sera sale
et bien on va les faire mentir et ils seront pâles
Elyes Baza (13 ans) et Souleymane

Extraits de « Un nouveau jour »

C’est un nouveau jour, un nouveau jour pour le quartier
Il s’est réveillé et sans prévenir, il s’est changé
Son long jean en béton s’est plié
En échange un beau pantalon vert gazon il a enfilé
Après son pull rouge gravier, il a laissé tomber
Mon quartier ne sera plus comme avant,
Mon quartier ne sera plus comme avant,
Mais pour ça, on ne doit pas le laisser tomber,
On doit le regarder et faire attention à lui,
Si ensemble on prend soin de lui,
Alors il aura une belle et longue vie
Adem Daghsen (9 ans)

« Le slam pour verbaliser la pensée des jeunes »

Suite à l’inauguration du parc Liberté, nous avons voulu en apprendre plus sur ces jeunes slameurs en herbe. Rencontre avec le président de l’association Ma Quête, Nebil Daghsen, qui propose et encadre ses ateliers d’écriture.

Le mag : Lors de l’inauguration, les enfants de votre association ont écrit puis déclamé des slams. Pourquoi le slam, davantage qu’un autre genre, comme la poésie ?

Nebil Daghsen : Le slam est un genre basé sur l’oralité et l’écriture personnelle. Ce qui est justement intéressant, c’est cette réappropriation de l’oralité que permet le slam. Nous avons donc voulu développer cette discipline à Maisons- Alfort à travers des ateliers avec un objectif simple : à partir du moment où je me donne le temps de travailler la qualité de mon écriture, ma parole est aussi légitime que celle d’un autre. Cet aspect est très intéressant dans le travail avec les jeunes car ils comprennent qu’à partir du moment où ils se donnent les moyens de pouvoir verbaliser leur pensée, celle-ci peut être entendue.

Le mag : Pouvez-vous m’en dire plus sur ce travail que vous effectuez au quotidien avec ces jeunes ?

N.D. : Ce sont des ateliers de deux heures où l’on alterne l’improvisation théâtrale et l’écriture de slams, car les outils sont les mêmes, il suffit de se les approprier. On se donne des thèmes, par exemple, l’écologie. En réalité, ils ne vont pas dire le mot « écologie », ils décrivent une situation qu’ils ont vue ou vivent au quotidien, qui reflète une réalité plus large. Ensuite, à partir de ce thème, chacun écrit son texte, 4 ou 8 lignes maximum. À partir de ce noyau, nous faisons ensemble des « sacs de rimes », et nous insérons progressivement des sonorités, des figures de style. L’idée, c’est que les jeunes s’approprient les figures de style, les allitérations, les assonances de manière simple. Ils pratiquent et ensuite, nous leur expliquons qu’ils ont créé une allitération par exemple. C’est plus accessible et amusant pour eux. Pour l’anecdote, ils sont toujours en avance devant la salle et lorsque j’arrive, y compris à l’heure, ils me disent que je suis en retard ! Une véritable victoire pour nous !

Le mag : Ce sont eux qui ont trouvé les idées des sujets abordés lors de l’inauguration ? Nous pouvons dire qu’ils étaient plutôt d’actualité : environnement, citoyenneté, développement durable, respect des autres…

N.D. : Quand je leur ai parlé de l’inauguration, ils m’ont tout de suite dit : « nous allons parler de la propreté dans notre quartier, de l’incivisme etc. » avec leurs mots bien entendu, mais c’était leurs idées à eux. Nous avons été un soutien pour le travail sur les figures de style, les sonorités, les césures, mais l’essence même des textes, c’est entièrement eux. Les thématiques abordées étaient une évidence pour ces enfants qui vivent au quotidien dans le quartier Liberté Vert-de-Maisons, c’est leur quartier et ils y tiennent. « Mon quartier est ce que j’en fais » : ils ont voulu transmettre ce message aux habitants et contribuer à faire changer les mentalités.

Le mag : À travers le slam, que souhaitez-vous transmettre à tous ces jeunes ?

N.D. : D’être acteur de sa vie. Car c’est être capable d’exprimer ses idées et ses opinions avec d’autres personnes, et de se positionner clairement. Je leur dis souvent qu’ils rencontreront forcément des difficultés mais qu’il ne faut pas qu’ils les inventent. Notre rôle est de les aider à s’ouvrir, à grandir, à rêver et à s’exprimer. Et bien sûr, à s’amuser.

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