D’abord graphiste, puis architecte d’intérieur et plus récemment ébéniste… Comme les meubles qu’elle conçoit, Éva Kovacs s’est fabriqué, au fil des années, un métier « sur mesure ». Elle nous ouvre aujourd’hui les portes de son atelier maisonnais, là où elle regroupe tous ses intérêts en une seule activité.

Fille de deux parents artistes, Éva a grandi au cœur de l’atelier de ses parents. Très tôt, elle comprend que la scolarité classique ne lui correspond pas. « Je suis dyslexique et j’ai toujours eu des problèmes de concentration. Il a fallu que je me spécialise pour trouver ma voie. » À la fin du collège, elle s’oriente vers un CAP graphisme, où elle gagne en confiance et devient même l’une des meilleures élèves. Après cinq années d’études, un manque persiste pourtant : la volonté de travailler la matière, qui est sa manière « d’être au monde ». Elle rejoint alors l’école Camondo, spécialisée dans l’architecture et le design, « pour passer de la 2D à la 3D », avec l’objectif de devenir architecte d’intérieur. « J’ai su que j’étais à ma place car, si l’école m’a apporté la théorie de la conception d’intérieur, j’avais déjà une part importante d’intuition en moi. »
LA NAISSANCE D’EKAÏ, LE PROJET D’UNE VIE
Devenue architecte d’intérieur indépendante, pendant dix ans, Éva exerce à Paris, avant de ressentir le besoin de changer de cadre. « Je suis une personne aux intérêts multiples, j’ai besoin de tous les explorer. » En véritable « couteau suisse », elle s’installe alors à Trouville et y ouvre un atelier d’architecture, dans lequel elle crée également un espace d’exposition dédié aux artistes locaux. Une expérience enrichissante, qui ravive son désir de travailler la matière. En 2018, elle revient à Paris et se forme pendant deux ans à l’ébénisterie en suivant des cours du soir, tout en construisant son projet, celui qui prendra bientôt le nom d’EKAÏ — Éva Kovacs Architecte Intérieur.
DE LA CONCEPTION À LA RÉALISATION
« J’ai toujours rêvé de gagner ma vie de mes mains. » Aujourd’hui, Éva peut se réjouir d’y être parvenue : elle fabrique des meubles sur mesure de A à Z, de la conception à la réalisation, en passant par le montage. Un métier tout-en-un, qu’elle mène en lien direct avec ses clients. Elle l’admet : « Le métier d’ébéniste est très challengeant en tant que femme. C’est rigoureux et physique : mon corps ne peut pas me lâcher. » Inépuisable, elle trouve pourtant le temps de transmettre sa passion à travers des ateliers, lors desquels elle apprend à des particuliers à fabriquer leur propre mobilier en bois. Ligne de meubles design plus accessible ou encore ateliers à destination des enfants et des adolescents… alors que notre échange s’achève, Éva nous laisse déjà entrevoir les innombrables idées qu’elle saura, sans aucun doute, faire passer du rêve à la réalité.
